« Panacea » Jazz Magazine No. 672, mai 2015

choc

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Elu « CHOC” award.

Chroniqué par Jean-François Mondot

Voici un disque qui sort du lot. Dès la première écoute, on est frappé par l’imprévisibilité des sentiers dessinés pour chaque morceau.

Panopticon commence sur les chapeaux de roue, s’arrête, semble se cogner à un mur, se fige dans une sorte d’alanguissement où sax et guitare déambulent chacun de son côté avec de subtils échos, avant une sorte de mantra hypnotique épelé par le saxophone et sapé de l’intérieur par une guitare wah wah, puis une folle sarabande à la fin du morceau.

Le disque repose donc sur le paradoxe de cette guitare électrique très rock, et séduit par sa variété de sons, textures et couleurs. Le saxophone de David Prez possède une intensité intérieure très particulière, souvent accentuée par la répétition d’un motif. Les deux voix se livrent à des jeux de miroirs, de cache-cache, entre fausse indifférence et vraie réconciliation.

Le dossier de presse indique que des logiques compositionnelles raffinées sont à la source de ces puzzles sonores (inspiration dodécaphonique pour certains morceaux, ou même du code Morse). Mais on ne verse jamais dans l’autarcie expérimentale.

Le bassiste Frédéric Chiffoleau et le batteur Karl Jannuska y sont pour beaucoup, qui injectent une énergie tendue. Sur quatre morceaux, une météorite atterrit sur le disque : Tam de Villiers a invité le chanteur-poète Gabor Winand, dont la voix flottante et incarnée, les syllabes ésotériques apportent un lyrisme vaporeux.

Des reflets bleus et lunaires viennent alors se poser sur ces étranges labyrinthes de basalte que le guitariste présentera le 29 mai au public du Sunside à Paris. •


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